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Le Non aux APE : c’est refuser la régression de l’Afrique des peuples En ce début du XXI siècle, dans un monde moderne de haute technologie, pour les pays occidentaux, on ne peut plus parler d’aide au développement tant ce terme est synonyme d’échec dans le cadre de leur idéologie du « développement. » Pour L’Union Européenne, les APE (Accords de Partenariat économiques) une formule beaucoup plus adaptée à l’air du temps, semble la plus indiquée pour constituer à nouveau, la formule magique pour sortir les pays ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique) de leur état de pauvreté, afin de les hisser au même niveau d’égalité des chances sociales, politiques et économiques, avec les pays jouissant d’un niveau de bien-être matériel plus élevé. Soit, mais alors pourquoi un important groupe de pays concernés, le Sénégal en premier, rejette tout simplement une telle idée portée par les APE ? On veut nous faire croire que le NON aux APE du président Abdoulaye Wade, est en quelque sorte un moyen d’affirmer son leader chip pour le panafricanisme. C’est oublier que les autorités sénégalaises ont toujours accordé un grand intérêt à la coopération internationale et à l’ordre mondial. Le 15 mars 1976 déjà, le président L. S. Senghor caractérisait ainsi la démarche à suivre en matière internationale : « L’ordre que nous voulons faire instaurer ne saurait être la prolongation, moyennant quelques aménagements, de la situation présente des relations internationales ; c’est un ordre révolutionnaire, c'est-à-dire un ordre qui soit changement radical sans être anarchie. Tout au contraire. En effet, comme chacun le sait, ce sont, pour l’essentiel, des rapports de force, commandés par les économies dominantes, qui forment la trame des relations que voilà. C’est pourquoi nous donnons à ce concept d’ordre un contenu révolutionnaire normatif. En une époque où les individus, les collectivités, et jusqu’aux Etats, auraient tendance à se débarrasser de toute discipline, de toute norme de référence, l’instauration d’un nouvel ordre international n’a d’autre, ni de plus haute signification que l’acceptation par tous d’un certain nombre de règles communes… Les peuples du Tiers-monde entendent participer, désormais, à la gestion des affaires du monde et ne plus se contenter de subir les décisions où ils n’ont aucune part, mais, qui, pourtant, les concernent au premier chef.» Trente ans après ce discours du premier président du Sénégal, l’actuel président Maître Abdoulaye, clame tout haut ce que les africains pensent tout bas. Le 8 juin 1978 à Dakar, lors de la première Conférence nationale de prospective de la famille socialiste, le Pr L. V. Thomas faisait lui-même observer : « Maîtriser l’espace dans le cadre de la politique étrangère, c’est repenser les relations avec les voisins proches ou lointains, s’affranchir de certains liens étouffants ; en créer d’autres pour amorcer un renversement de forces, qui déboucherait sur un scénario économique mondial plus conforme à l’égalité et à la justice. Il s’agit de se libérer au maximum de la dépendance, de déjouer l’impérialisme aux cents visages… » Comme les conventions de Lomé-I, les APE ne sont rien d’autres que de miroirs aux alouettes. Il s’agit encore d’un replâtrage qui viserait, de la part des pays de l’U.E. à exercer un nouveau et définitif contrôle de cet ensemble de pays ACP. Ce que le président Abdoulaye Wade souhaite à travers les APD (Accords de Partenariat pour le Développement), ce n’est pas la conclusion d’un simple arrangement commercial, ou bien, la stabilisation des recettes d’exportation, (si tant est qu’ils existeraient des produits à exporter), mais d’un accord de développement viable et durable. Le président Abdoulaye Wade rappelle avec insistance que pour se libérer au maximum de la dépendance, et pour déjouer l’impérialisme aux cents visages, les africains ne doivent accepter – la régression de l’Afrique des peuples. Sous le joug du colonial, c’est dans le panafricanisme que les peuples ont d’abord puisé leur raison d’espérer. D’ailleurs, aujourd’hui avec l’effritement de l’Afrique des peuples, l’histoire et la géographie nous rappellent l’existence actuelle d’un grand nombre d’états indépendants dont les frontières et la taille n’entretiennent aucune relation avec leurs potentialités économiques. Alors que le fait même qu’ils sont reconnus en tant qu’états conduit à ce qu’ils soient considérés, par eux-mêmes et par les autres pays, comme des entités économiques. Mais n’oublions pas que le concept même d’économie politique se développa en Europe occidentale, dans le contexte d’une rivalité des grandes puissances, et il a été transmis, sans être remis en question, aux pays du Tiers-monde, dont les pays d’Afrique, lesquels ont conquis leur indépendance dans une lutte contre l’administration impérialiste. C'est-à-dire les mêmes grandes puissances qui continuent d’imposer leur vision à tout un continent africain. Le président du Sénégal Maître Abdoulaye Wade ne conteste nullement la souveraineté d’aucun état africain, ni à leur gouvernement, la capacité à décider de la politique économique et à négocier avec les autres pays. Cependant, les pays ACP ne doivent pas perdre de vue qu’il ne s’agit pas de négociations d’état à état mais d’une union formée par des états développés, en l’occurrence l’Union Européenne. Pour le président du Sénégal, une grande part de l’enjeu du mouvement pour le développement économique de l’Afrique n’est pas seulement économique, mais réside dans la construction d’une nation africaine qui sera prise au sérieux dans les instances internationales. En effet les puissances occidentales exercent une influence considérable sur la politique des gouvernements du Tiers-monde directement ou indirectement par l’intermédiaire d’institutions internationales comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire international, l’Organisation Mondial du Commerce ou d’institutions continentales l’Union Européenne entre autres, dans lesquels elles sont majoritaires. Dans le même mouvement on assiste à la pénétration de la vie intellectuelle et culturelle de ces pays, et en particulier, à la dissémination d’un système de pensée économique qui est celui de l’orthodoxie en occident. Alors que de nombreuses doctrines occidentales ont été remises en question, et ce même dans leurs pays d’origine. Dés lors, face à un si grand défi, aucun africain n’a le droit de remettre en cause un des atouts africains le plus important (l’Afrique des peuples). Le panafricanisme ne se résume uniquement à des aspects culturels, il plaide surtout en faveur d’une unification économique du Continent. L’Union européenne est le produit de l’Europe des peuples ne l’oublions jamais. Alioune Ndao Fall Collectif anti-APE de France Commission Médias |
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