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SUR LA ROUTE DES ELECTIONS LEGISLATIVES Les journalistes scrutent les piéges Le Syndicat des professionnels de l’information et
de la communication du Sénégal (Synpics) et l’Ambassade des Etats unis
d’Amérique (Usa) ont organisé hier dans les locaux de l’Auditorium de
l’ambassade américaine un séminaire sur le thème : « Les médias et le
processus démocratique ».
Ce Séminaire, prolongement de
celui
organisé à la veille de l’élection
présidentielle de février, revêt une
double opportunité. Il s’inscrit en effet dans le cadre de
la
célébration le jeudi 3 mai de la liberté de la
Presse et dans la
perspective des élections législatives prévues en
juin 2007. La
problématique est vaste, mais le champ de rationalité a
été circonscrit
à sept (07) sujets : « L’éthique et
la déontologie : perspective
américaine » ;
« L’éthique et la déontologie :
perspective
sénégalaise » ; « Le
traitement de l’information sensible » :
« Le
reportage pendant les élections » :
« L’éthique et la déontologique
pendant les élections » : « Moyens
pratiques pour se protéger sur le
terrain » et : « Relations avec la Direction
générale des élections ».
Il s’est agi hier de réfléchir de manière générale sur des situations complexes et, en conséquence, sur les comportements et attitudes à adopter. Mais le caractère à la fois pervers de certains contextes a fait dire à Diatou Cissé Badiane qu’« il n’y a pas de comportements standards ». Aux journalistes donc d’avoir l’intelligence du contexte. Ronald Wimer, journaliste et consultant américain et principal animateur du séminaire - aux côtés de Ibrahima Bakhoum et de Kader Diop, respectivement Rédacteur en chef de l’Agence de presse africaine (Apa) et président du Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie (Cred) - a davantage adopté la posture d’accoucheur d’idées. Il a exposé des situations et cas et ouvert la réflexion. Kader Diop, a déploré « la paresse intellectuelle » de la presse sénégalaise qui « ne fait pas l’effort de fouiller » en profondeur les sujets dont elle traite. Loin de vouloir absoudre les journalistes sénégalais d’une certaine légèreté, le président du Cred a estimé que cette paresse est héritée de la tradition journalistique francophone. M. Diop s’est par ailleurs désolé de voir prospérer au Sénégal des types subtils de manipulation comme les « petit-déjeuner de presse », « déjeuner de presse », et autres cadres de convivialité qui n’ont d’autres buts que de tenir les journalistes par la gamelle. L’occasion pour Diatou Cissé Badiane d’exhorter ses confrères à de « ne pas se borner à reprendre mécaniquement les messages des hommes politiques qui, par médias interposés, mènent leurs batailles politiques ». Et Ibrahima Bakhoum, de soutenir que les journalistes gagneraient à « faire très attention aux sources d’information spontanées qu’on leur apporte, sans qu’ils en soient demandeurs ». Ainsi le rapport avec la stratégie manipulatrice des chargés de communication politique est vite mis en exergue. Et notre confrère Bacary Domingo Mané de suggérer, dans l’optique de déjouer les piéges de ces derniers, la prise en compte par les écoles de formation de journalistes des techniques de communication politique. Une suggestion qui se heurte à l’objection de Diatou Cissé : « le journaliste n’est pas un communicateur ». Selon elle, la communication est plutôt un terme générique qui induit beaucoup de confusion. « les finalités de ces deux disciplines ne sont pas les mêmes » a-t-elle déclaré, ajoutant qu’« un journaliste est d’abord formé pour être dubitatif et critique ». Le séminaire a enregistré la participation des journalistes de différents organisés et groupes de presse. Il a été clôturé par l’attaché de presse de l’ambassade des Etats-Unis. Felix NZALE
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