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PROFIL - Robert Sagna, candidat à la présidentielle : Rude épreuve pour le fort en thème

«La social-démocratie sénégalaise en chantier.» C’est le cri de guerre de l’édile de Ziguinchor en campagne plusieurs jours durant à travers le pays. Mais, qui est véritablement cet homme qui dit vouloir entreprendre un effort de redressement pour sauver le Sénégal ? Portrait d’un homme au chemin atypique.

Ministre ayant totalisé 22 ans de présence au gouvernement, maire de Ziguinchor depuis 20 ans, il est, dit-on «un homme rusé, cachottier et audacieux. Il n’a pas peur de ses idées et tient à l’éthique de vérité grâce à une éducation évangélique». Aujourd’hui, il est le candidat du courant politique, Démocratie-Solidarité, issu du Parti socialiste (Ps). Né à Ziguinchor, le 17 Avril 1939, Robert Sagna est l’un des 15 candidats à la magistrature suprême. Teint noir, cheveux grisés, les yeux d’une rondeur extraordinaire, la plupart du temps, cachés derrière des lunettes à la monture d’une autre époque, l’homme, dans sa jeunesse a eu une brillante formation scolaire et universitaire.

Deuxième d’une famille de sept enfants, Robert Sagna a fait ses études primaires à Brin où habitaient ses parents, de 1948 à 1952. De là, il a rejoint l’école primaire, le séminaire d’Oussouye en 1953, en vue de devenir prêtre. Robert, tout jeune, n’a jamais caché son envie d’embrasser les ordres catholiques. Pour cette raison, il est entré en 1955 au séminaire de Carabane, avant d’aller au séminaire St Louis de Ziguinchor, en 1er cycle, de 1956 à 1958 et au collège des Maristes en second cycle, de 1959 à 1960.

Sa formation chez des religieux s’explique par l’influence de son père, qui fut un rigoureux catholique. En fait, le père de Robert, Nicolas Sagna, mort en 2000 à l’âge de 90 ans, était un catéchiste qui «quittait la maison à 18 h pour revenir à 22 h, après avoir assuré son service d’évangélisation dans sa zone». C’était un homme véritablement au service de Dieu. Toute la famille de Nicolas Sagna a ainsi, bénéficié d’une éducation si rigoureuse et si religieuse que Célestine Sagna, la grande sœur de Robert, devint religieuse sous le nom de Sœur Marie Paul.

Le séjour de Robert Sagna près des prêtres des différents séminaires où il a subi sa formation, lui a en outre, permis d’acquérir une éducation «solide et rigoureuse, enrichie par une autre éducation familiale faite de morale, de rigueur et de dignité», à en croire ses proches. Après le lycée Delafosse, où il subit également une formation, Robert Sagna, entre à l’Ecole Nationale des Cadres Ruraux de Bambey, option-génie rural de 1960 à 1964. Il en sort major de sa promotion, et est aussitôt affecté à Thiès comme Ingénieur des Travaux en génie rural.

UNE VISION ECCLESIASTIQUE OU POLITIQUE

Robert Sagna, fait partie des premières générations de cadres de l’après-indépendance. Il a commencé par le travail de terrain en ayant été, après son diplôme de Bambey, inspecteur du Génie rural à Thiès de 1964 à 1966. Remarqué par les responsables de l’administration centrale du pays, la carrière de Robert, prend une nouvelle orientation.

Dès 1978, il est nommé Secrétaire d’Etat à la Promotion humaine. En 1981, alors qu’il n’avait jamais affiché une volonté de faire de la politique, lui qui était destiné au prime abord à la vie ecclésiastique, adhère au Parti Socialiste.

Pendant 22ans, il a été tour à tour Secrétaire d’Etat à la Promotion humaine, (1978-1980) puis à la pêche, (1980-1983), Ministre de l’Equipement et des Transports,(1983-1988), Ministre du Tourisme,(1987-1988, cumulativement avec ses fonctions de ministre de l’équipement), Ministre de la Communication, (1988-1990), Ministre du Logement, Ministre de l’Agriculture et Ministre d’Etat (1993-2000).

DES POSTES MINISTERIELS VERS LA PRESIDENCE

Deux hommes ont profondément marqué Robert Sagna C’est : «Senghor qui fut profondément humaniste et doté d’une forte fibre rurale et Abdou Diouf pour sa sérénité, son intelligence, sa patience, sa mémoire d’éléphant et sa forte personnalité.» On comprend donc aisément, l’ambition de ce fils du Sud du Sénégal à vouloir devenir Président de la République. Mais, outre cette ambition et les nombreux postes politiques qu’il a occupé, Robert a également occupé de nombreuses autres fonctions.

Marié à Marie Jeanne Diouf et père de 5 enfants, l’homme a des limites dont il est conscient : «Il ne parle pas wolof.» Cependant, il compte sur sa popularité, sa notoriété et sa belle expérience de la gestion de la chose publique, pour briguer la magistrature suprême, de l’avis de ces proches. Et pourtant, Robert Sagna a failli quitter la scène politique après la défaite du Parti socialiste en 2000.

Après des murmures et des rumeurs, il a tellement manœuvré qu’au finish, il s’est retrouvé dans le courant Démocratie-Solidarité, dont la naissance a secoué le Parti Socialiste. Son discours, disent ses adversaires, est toujours plein de non-dits. Et il élève rarement la voix, sachant être calme et serein. Surtout que Robert Sagna en campagne se dit sûr de devenir le prochain président du Sénégal. Et, rigole lorsqu’on lui parle de son âge. «J’ai 66 ans», répond-il, comme pour désigner des hommes politiques beaucoup plus âgés.

Sa formation chez des religieux s’explique par l’influence de son père, qui fut un rigoureux catholique. En fait, le père de Robert, Nicolas Sagna, mort en 2000 à l’âge de 90 ans, était un catéchiste qui «quittait la maison à 18 h pour revenir à 22 h, après avoir assuré son service d’évangélisation dans sa zone». C’était un homme véritablement au service de Dieu. Toute la famille de Nicolas Sagna a ainsi, bénéficié d’une éducation si rigoureuse et si religieuse que Célestine Sagna, la grande sœur de Robert, devint religieuse sous le nom de Sœur Marie Paul.


                             vendredi 17 Février 2007

KAOLACK - Le candidat du Jëf-Jël sur les questions parlementaires : Talla Sylla propose la suppression des salaires des députés
Le leader du Jëf-Jël, Talla Sylla, candidat à la Présidentielle de février 2007, a lancé une diatribe contre les députés de l’Assemblée nationale qu’ils taxent de «dormeurs et d’absentéistes, incapables de représenter le peuple à l’hémicycle pendant deux sessions parlementaires qui ne font même pas six mois, malgré leurs salaires faramineux, les véhicules et le carburant». Il propose une nouvelle Constitution et dans le cadre de son programme, de réduire le mandat parlementaire à une session unique de neuf mois, ouvrable au premier jour du mois d’octobre jusqu’au dernier jour du mois de juin. Mieux, Talla Sylla va décider au lendemain de sa victoire de supprimer les salaires des députés qui ne vont plus bénéficier que des indemnités de session.
La réhabilitation du port de Kaolack pour la création d’emplois aux jeunes et la réparation de la voie ferrée et des routes pour faciliter le commerce avec le Mali, étaient aussi au centre de son discours tenu au centre-ville de Kaolack, en début de soirée, devant un public en majorité jeune. Le candidat Talla Sylla se refuse d’être le candidat d’un parti politique, mais celui de l’unité nationale, y compris «même des militants sérieux du Pds» car, ajoute-t-il, le Sénégal n’appartient pas à la majorité des Sénégalais ; il appartient à tous les Sénégalais. Il n’a pas manqué aussi de fustiger la bastonnade, à Dakar, des militaires qui ont servi ce pays, qui l’ont représenté à l’Extérieur. «Cela est complètement inacceptable», conclut-il, avant d’appeler les électeurs inscrits à aller retirer leurs cartes.
Par Birane DIAW - Correspondant