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Robert Sagna sur les ondes de Rfi : «Je ne me présente pas contre Tanor Dieng, mais contre Wade»

Robert Sagna, membre du Parti socialiste (Ps) et candidat à l'élection présidentielle du 25 février, conteste le fait que Ousmane Tanor Dieng, Premier secrétaire du Ps, se prévale du «meilleur profil» pour être la candidat du parti. «Je ne me présente sûrement pas contre lui (Ousmane Tanor Dieng). Je me présente avec lui, puisqu'il est candidat lui aussi. Ce n'est pas contre lui, mais contre le Président Wade que nous nous présentons tous les deux. Ce que je conteste, c'est qu'il ait le meilleur profil», a dit M. Sagna dans une interview diffusée, hier soir sur les ondes de Radio France Internationale.
Source : Le Quotidien.

Robert Sagna sur les ondes de Rfi : «Je ne me présente pas contre Tanor Dieng, mais contre Wade»Selon Robert Sagna, qui est aussi le maire de Ziguinchor, «le profil idéal pour un candidat tout court, c'est qu'il faut une bonne expérience, une bonne formation, une bonne éthique et un bon charisme». 15 candidats sont en lice pour la présidentielle du 25 février. La campagne électorale démarre dimanche. «Je n'ai pas dit qu'il (Ousmane Tanor Dieng) n'a pas le bon profil. J'ai dit qu'il n'a pas le meilleur profil, c'est différent. Il remplit peut-être toutes ces conditions, mais peut-être d'autres les remplissent mieux que lui. C'est pour ça que je suis candidat, entre autres», a-t-il insisté. Robert Sagna a ajouté : «Nous n'avons peut-être pas les mêmes ambitions sur le plan du pays, les mêmes défis à relever. J'ai d'autres défis plus importants à relever que lui. J'ai notamment le défi de la paix à relever.» Il a souligné que le défi de la paix est «quand même important». «Je vis dans une religion particulière. Je prétends avoir une longue expérience de la gestion administrative du pays. Et puis, peut-être qu'il est bon de donner un autre signal neuf.» «Le Ps a besoin de donner un signal nouveau au pays, une nouvelle espérance après la défaite de 2000», a indiqué M. Sagna, estimant que le parti a «perdu tous les repères». «Je ne sais pas quel est le camp d'Ousmane Tanor Dieng maintenant, puisqu'il est allié aux libéraux», a-t-il poursuivi faisant référence à la coalition que le Premier secrétaire a formée avec l'ancien Premier ministre Idrissa Seck en vue des législatives. L'alliance avec Idrissa Seck, «c'est une forme de renonciation à l'idéal de la social-démocratie. Alors, vous parlez de camp, je ne sais plus dans quel camp il (Ousmane Tanor Dieng) est». Robert Sagna estime que s'il devait «transhumer» (vers le parti au pouvoir), «il y a longtemps» qu'il l'aurait fait. Parlant des thèmes qu'il compte développer au cours de sa campagne, il a évoqué la paix, une façon, selon lui, de «mettre la question casamançaise au cœur du débat électoral, entre autres priorités». La Casamance est en proie à une rébellion armée depuis plus de 24 ans. «C'est évident que cette question va peser lourd dans mon programme et je compte en faire une première priorité», a assuré le maire de Ziguinchor, ajoutant qu'il n'est pas d'accord avec la manière du pouvoir actuel de gérer le dossier. «Je crois que les faits nous le montrent tous les jours, a indiqué Robert Sagna. Je ne suis pas d'accord avec sa stratégie pour arriver à la paix en Casamance. Je pense que si je suis le président de la République, je m'y prendrai autrement. J'associerai davantage ceux qui sont capables d'amener le Mfdc (Mouvement des forces démocratiques de Casamance) à s'entendre, ceux qui connaissent le dossier. Notamment les notables, les femmes en particulier. On ne tient pas suffisamment compte de cet élément.» M. Sagna a estimé que la récente disparition de l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, leader historique du Mfdc, peut constituer un risque, «dans la mesure où, il était une figure emblématique de ce mouvement, l'élément unificateur et que toutes les fractions rebelles se réclamaient de lui. Sa disparition peut avoir des conséquences».

Samedi 03 Février 2007