|
Votre publicité ici : Contactez-nous |
Diaspo SARL : 46 rue Polonceau , 75018
tel - 06 25 36 23 56
|
ACCUEIL |
L'EVENEMENT |
GRILLE DES PROGRAMMES |
DIAMONO |
FORUM |
CONTACTEZ-NOUS |
| Le Quotidien:
ENIGME
- Victoire éclatante de Wade sur fond de malaise social et
économique : Le ver dans le fichier
Dans
la série des explications que l’on peut débusquer,
il y a certainement
lieu de s’interroger sur le cas du fichier électoral qui
aura été une
des grandes batailles ratées ou sérieusement
négligées par
l’opposition, comme le reconnaît d’ailleurs Cheikh
Guèye, l’un des
porte-parole du candidat de la Coalition Jubbanti
Sénégal, le Pr
Abdoulaye Bathily (lire ailleurs). Beaucoup de gens n’avaient pas
du
tout compris la mesure paradoxale prise, à
l’époque, par le Président
Wade de procéder à une refonte totale d’un fichier
électoral qui lui
avait pourtant permis de gagner contre le Président Abdou Diouf,
en
mars 2000. L’innovation avec l’introduction de la
biométrie et la
confection de la carte d’électeur et
d’identité numérisée n’a
été qu’un
prétexte, car l’argument de la rapidité et de
l’extrême fiabilité de ce
système s’est avéré en contradiction avec la
réalité, rapporté aux
couacs dans l’organisation du scrutin, aux difficultés
rencontrées par
des milliers de citoyens pour exercer leur droit civique, dimanche
dernier. A cela s’ajoutent des faits incongrus qui
auraient pourtant mérité une attitude plus résolue d’exigence de
clarification et de clarté de la part de l’opposition. Lorsque le Pds
faisait coïncider l’inscription sur les listes électorales avec sa
vente de cartes, cette incongruité n’a soulevé aucune attitude
conséquente de veille et de surveillance accrue de la part des partis
de l’opposition. Pourtant, il n’est pas, aujourd’hui, au vu des
résultats sortis des urnes, interdit de penser que cette concomitance a
eu quelques incidences sur l’issue du scrutin. En vendant les cartes du
Pds en même temps que se déroulait le processus d’inscriptions sur les
listes électorales, on peut bien avoir une cartographie plus ou moins
complète de l’électorat pour pouvoir mieux gérer ses flux. On peut en
interrogeant ce phénomène entrer dans l’intelligence des raisons ayant
présidé à la rétention ou à la non délivrance de cartes à certains
citoyens sénégalais. EN ATTENDANT LE SOLEIL DE LA VERITE…
Autre élément à relever dans le processus
électoral, c’est l’impossibilité signifiée aux auditeurs de
l’opposition de vérifier la boîte noire du système biométrique, sous le
prétexte fallacieux de secret d’Etat. Ou encore que cette boîte noire,
on ne peut y accéder parce qu’elle est protégée par un brevet de
propriété intellectuelle portant la marque déposée de la société
anglaise Delarue. Et dire que l’Etat a débloqué près de 24 milliards de
francs pour honorer ses engagements…électoraux ! Quant à l’opposition,
elle a eu plus les yeux rivés sur la compétition électorale que sur
l’élucidation acharnée de l’énigme de cette fameuse boîte noire. Au total, le combat pour la transparence du
processus électoral n’a été mené véritablement que par la société
civile. L’opposition s’étant, la plupart du temps, contentée, sur ce
terrain-là, de cris indignés, qui à peine émis, se sont éteints dans
les séries de diversions activées et actionnées par le Président Wade
et son entourage. Elle aura, sur ce plan, appris aujourd’hui à ses
dépens que les indignations seules ne suffisent pas comme actions
politiques pouvant peser sur les situations. Cela pour dire que les
anomalies ou autres soupçons sur la fiabilité du fichier électoral ne
suffisent pas pour justifier la gifle électorale subie par les
candidats de l’opposition face à Me Wade. Souvent, cette opposition
s’est retrouvée dans des ambiguïtés, des paradoxes et des luttes de
positionnement en son sein, comme sur la candidature unique ou
plurielle. Trop souvent, elle n’a pas su prendre en charge les
revendications populaires et se montrer ainsi dans une posture d’élite,
de meneurs d’hommes. Le peuple a vécu sous l’alternance, orphelin d’un
leader politique capable de se faire l’écho de ses difficultés, comme
naguère le faisait leur adversaire du dimanche dernier. La plupart du
temps, l’opposition a semblé déléguer ses combats à ceux qui n’en
avaient ni la charge ni les moyens, comme la presse et la société
civile. Et la grande méprise est là. Sur ce plan, elle n’a pas su tirer
la leçon, celle-là que n’avait pu comprendre le régime de l’alternance
qui avait commis l’erreur de penser que la presse et la société civile
étaient ses alliés pour avoir soutenu des combats qui croisaient
souvent ses préoccupations durant les années de braise dans
l’opposition. Mais, il est des secrets qui ne survivent que
le temps d’une nuit avant de livrer leurs vérités lorsque le soleil se
lève. Et il se lèvera bien un jour, ce soleil ! |