Source : Le Matin
MAGAL DE TOUBA:Serigne Moustapha
Saliou met en garde les «politiciens» et les «véreux»
qui abusent son père
Dernier acte du Magal de Touba 2007, la
cérémonie officielle s’est déroulée
hier à la Résidence Khadimou Rassoul à quelques
encablures de la demeure de Serigne Saliou. Le porte-parole, Serigne
Moustapha Saliou Mbacké qui a reçu la délégation
gouvernementale a saisi l’occasion pour rappeler à l’ordre
les « politiciens » et les « véreux »
qui, de plus en plus, abusent le Khalife pour leur intérêt
personnel.
A quelques heures de la tenue de la
cérémonie officielle, certaines informations avaient
circulé faisant croire que celle-ci serait non plus présidée
par Serigne Moustapha Saliou Mbacké mais par Serigne Mountakha
ibn Serigne Moustapha Bassirou. Les raisons évoquées
par-ci et par-là faisaient craindre voir le fils aîné
du khalife de Touba en l’occurrence Serigne Moustapha Saliou
(réputé incarné l’aile dure de Touba car
n’hésitant pas à cracher ses vérités à
n’importe qui) mettre les pieds dans le plat.
Un influent à
Touba soutiendra «depuis quelques jours, les informations qui ont fait croire que le
marabout avait donné des consignes de vote pour Wade, ont fait
mal à son fils aîné et à certains de ses
collaborateurs ». Ainsi, avait-on peur quelque part de voir
Serigne Moustapha Saliou en profiter, pour parler. D’où la
volonté et les tentatives de le remplacer par Serigne
Mountakha. Mais finalement il n’en sera rien. Le fils aîné
du Khalife avait, à nouveau, (c’est le cas depuis les trois
derniers Magal) la confiance de son père pour le représenter
devant les autorités étatiques, le corps diplomatique
et les corps composés.
Et fidèle à sa
réputation (il ne mâche pas ses mots), son discours a
été tonnant. Après avoir défini les axes
ayant mené au Magal et le travail accompli par Serigne Touba
pour obtenir ce jour de grâce, sans transition et sans citer de
noms, il partira d’arguments et de considérations générales
pour « mettre en demeure » d’abord les politiciens et
ensuite quelques membres de l’entourage de son père. Pour
les premiers cités, il a été sans « pitié
». Serigne Moustapha Saliou leur a fait comprendre sans citer
de nom que « nul ne doit abuser de la bonté, de la
sagesse et de la religiosité du Khalife pour lui faire dire ou
faire faire des choses inacceptables ».
Les «
hyènes » sont averties
Voulant simplement dire à
tout le monde que « la parole du Khalife ne doit plus être
interprétée d’une manière ou d’une autre
avec comme simple objectif d'en user à sa propre guise ».
Une sorte de réplique à ce débat qui depuis
quelques semaines est animé dans certaines sphères et
qui donnent lieu de croire que « le khalife général
des mourides en ayant intervenu à la veille de l’élection
présidentielle du 25 février dernier pour demander aux
autorités d’attendre la fin du Magal pour débuter les
travaux à Touba, avait implicitement donné un Ndigueul
de vote pour Wade ».
Ce qui n’a jamais été
le cas. Même si certains (comme Me Ousmane Ngom encore hier
dans son discours) ont maintenu le débat. Une chose est assez
constante chez Serigne Saliou Mbacké qui depuis des années
soutient que « la politique ne me fait ni froid ni chaud. Elle
existe, elle n’existe pas, moi en tout cas elle ne fait pas partie
de mes activités ». Donc, cette personne là,
n’est pas celle qui donne un « Ndigueul » de vote pour
un candidat ou un autre, fut-il son talibé. Il reçoit
tout le monde, bénit tout le monde…parle avec tout le monde.
Et dans la même veine, Serigne Moustapha Saliou Mbacké
a attiré l’attention sur le fait que « ces actes là
sont dictés pour la plupart par la mauvaise foi de quelques
membres de l’entourage du Khalife qui eux aussi abusent de sa
patience légendaire. Ce qui les poussent à vouloir
monnayer d’une autre manière les entrées autour de
lui ». Sa menace est plus que claire. En wolof, il soutiendra
pour boucler cette rubrique ( Bouki Beut Bounte, bante sbeute
beuteume ), c'est-à-dire en français « il sera
facile aux véreux de s’approcher du Khalife, mais attention
à eux car ils trouveront toujours un obstacle qui les
anéantira ». Des propos qui continuent à
alimenter les commentaires dans Touba.
Oumar DIARRA ( Envoyé
spécial)
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