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Source : Le Matin
Oumar DIARRA ( envoyé spécial)LE MAGAL DE TOUBA D’HIER A AUJOURD’HUI
La 113ème édition du Magal de Touba, au-delà d’une simple manifestation festive comme commencent à le « faire » certains talibés peu avertis, permet de mieux appréhender le travail accompli par Serigne Touba lors de son exil et qui lui a permis d’ obtenir auprès de Dieu, ce jour de grâce.Cette année encore ils sont des millions de fidèles venus de tous les horizons pour commémorer le Magal de Touba. Un événement majeur dans la vie des musulmans en particulier celle des mourides. Une confrérie qui figure aujourd’hui parmi les plus représentatives de ce pays. Malgré la proportion, ils sont nombreux les mourides qui ignorent la vraie portée de ce jour important pour l’islam. En effet, certains sont même plus enclins à festoyer et à manifester d’une autre manière ce jour de grâce. Or, dans l’entendement historique, Serigne Touba par qui tout est arrivé préconisait la grâce au seigneur, la prière et le sens du rappel envers Dieu. Parce que son influence était considérable et s’étendait au-delà des frontières qu’il ne tarda pas à susciter de vives inquiétudes chez les autorités coloniales. Ces dernières donc, par le biais du Conseil Privé et sur convocation du gouverneur de Saint-Louis approuvèrent la décision de l’exiler. Une décision qui après bien des péripéties est mise en application le 21 septembre 1895. Ainsi, Cheikh Ahmadou Bamba sera transféré au Gabon. Un lieu où il séjournera durant sept (7) années ponctuées par des supplices en tout genre, des difficultés liées à la déportation et la volonté manifeste des oppresseurs de le « tuer à petit feu ». Mais durant cette longue période le saint homme réussira à dompter toutes ces difficultés pour en faire des bienfaits. Cheikh Ahmadou Bamba se sachant en mission divine parvint à tout moment à imposer « sa rigueur » faite de respect des préceptes de l’Islam et de la Sounnah. Ceci au grand dam de l’oppresseur blanc qui avait beaucoup de mal à neutraliser le fondateur de la confrérie mouride. En fait, le cheikh ne cessait de leur répéter « Ceux qui m’ont jeté dans ce voyage sur mer avec l’intention de m’exiler ont ignoré qu’ils m’ont rapproché davantage de Dieu ». Coran et Khassidas en lieu et place de la musique et des mondanités Assez clair donc aux yeux de tous que Cheikh Bamba savait la valeur de sa mission. Aussi son retour loin d’être fêté d’une autre manière que par les préceptes de l’Islam et de la Sounnah, ne donna lieu à aucune activité festive. Cheikh Ahmadou Bamba, pour éviter que certaines consciences puissent verser dans les «choses mondaines » exhorta ses disciplines à commémorer ce jour suivant trois actes : la lecture du Saint Coran en nombre illimité et en faire des dons pieux au Prophète Mohamed ( Psl), la lecture des Khassidas (fruit de la réflexion du Cheikh lui-même), en plus des actes de grâce consistant à offrir des repas ( chacun suivant ses moyens), sans compter les réjouissances spirituelles. Mais aujourd’hui en 2007 est-ce que les consignes données par le Cheikh sont respectées par bon nombre de fidèles en pèlerinage à Touba ? La question mérite bien d’être posée. En effet, de plus en plus Magal rime aujourd’hui avec « festivités mondaines » et activités lucratives. Touba pour l’occasion devient un grand marché où tout se négocie. Même jusque dans les environs de la grande mosquée où toutes les formes de musique ( du Mbalakh au Rap) enivrent les tympans de qui en veut ou n’en veut pas. Certains préférant rester à Mbacké démontrent carrément que le Magal peut se « célébrer » d’une autre manière. Le Coran n’est que trop peu lu. Les prières trop peu appliquées. Certains bravent les interdits sur la cigarette ou l’alcool. Face aux jeunes filles on se croirait sur l’avenue Ponty vers les coups de 18 heures. Autant de faits qui aujourd’hui font croire que le vrai sens du Magal de Touba est en train d’être dévoyé. Mais au-delà des ces épiphénomènes, les enseignements du Cheikh jusqu’à la fin des temps seront le moteur du Magal. |