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Source  Le Matin

BOYCOTT DES LéGISLATIVES:De la tension en perspective

La ville de Guédiawaye a accueilli, hier, la première sortie d'explication des leaders de l'opposition. Occasion choisie par ces derniers pour hausser le ton et montrer leur détermination à «poursuivre le combat en descendant dans la rue ».

Le démarrage de la campagne du refus de l'opposition a été marqué, hier par la hausse du ton. Pratiquement tous les orateurs représentant les différents partis ayant décidé de ne pas participer aux législatives ont tenu le même langage : « Faire face à la politique dictatoriale du gouvernement actuel ». Si d'habitude, l'ouverture des hostilités revenait à Dansokho avec des propos souvent acerbes en direction de la coalition des tenants du pouvoir, il a été devancé hier par son camarade de l'opposition, Aly Aïdar. En effet, dès sa prise de parole, la première chose qu'il a eue à dire est qu’ils ne vont pas reculer devant « la machine dictatoriale qu'il (Me Wade) a bien installée pour se maintenir au pouvoir ».
Et faisant allusion à la dernière sortie du directeur de cabinet de Me Wade mettant en garde l'opposition contre toute manifestation, il répondra en disant : «S'il en est ainsi, qu'on nous emprisonne ». Aussitôt renchérit-il, «on va nous emprisonner d'ailleurs, car nous ne reculerons pas et ce ne sont pas ces menaces qui nous feront bouger d'un seul pouce par rapport à la détermination que nous avons d'aller jusqu'au bout de notre plan d'action ». C'est pourquoi, lança-t-il : «Peuple de Guédiawaye, nous vous invitons à vous joindre à nous pour la réussite des activités que nous mènerons dans le cadre de ce boycott ». De même, estime l'écologiste, «il s'agira d'abord de ne pas participer au vote du 03 juin et de répercuter ce message au niveau de la base, car des militants sont derrière vous et attendent vos positions, ensuite de se mobiliser pour accomplir avec nous les différentes activités prévues à cet effet ».

Cependant, s'il a ravi la vedette à Dansokho dans un premier temps, ce ne sera que pour un court moment, car ce dernier, comme à l'accoutumée, reviendra à la charge. En effet, selon le Secrétaire général du Pit, «ces élections sont faites pour installer le Sénégal dans un système dictatorial dont le dernier acte prévu est de désigner son successeur, ayant oublié qu'il a acquis le pouvoir par le suffrage du peuple ». Ainsi, souligne M. Dansokho, «son objectif principal est d'installer son fils ». Voilà des raisons légitimes, signale-t-il, «de mener ce combat et, s'il y a lieu de descendre dans la rue, nous n'hésiterons pas, ce qui est d'ailleurs inclus dans le plan d'action, car il faut arrêter cette machine infernale qui risque de mettre le pays dans une situation dont on ne peut maîtriser les conséquences ». Amadou Seydi de "Dental Sénégal" abordera la question dans le même sens : «Étant élèves, Me Wade nous avait appris que, pour se faire entendre, il faut descendre dans la rue, et maintenant qu'on a compris la leçon, nous allons la réciter devant lui, du moment où c'est le seul langage qu'il comprend ». Quant à Pape Diouf de Rewmi, il reviendra sur les raisons qui ont amené le boycott, pour dire enfin, qu'ayant cheminé avec Me Wade, il a compris que la seule méthode qui fonctionne avec lui, c’est la lutte. Notons que la mobilisation fut au rendez-vous et que cette rencontre avait plutôt l'allure d'un meeting.

Pierre Birame DIOH