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Initiative
Citoyenne pour le Changement
(ICC)
La
communication doit rentrer dans les mœurs
HORIZONS N° 4548 DU VENDREDI 17 - SAMEDI 18 - DIMANCHE 19 AOUT 2007 L’initiative du Président de la République d’accorder une interview à un média national est une première que tous les journalistes saluent et qu’ils considèrent comme un pas vers la bonne direction. Ils espèrent que les sorties du Président ne se limiteront pas seulement aux médias d’Etat mais toucheront aussi les journaux privés. Cette initiative est aussi une première puisque le Président a déclaré que, malgré les diverses pressions dont il a fait l’objet, il préférerait continuer à laisser les journaux s’exprimer au lieu de limiter leur liberté. Bien sûr, le Président a parlé d’une utilisation saine de cette liberté et cela est tout à fait légitime dans une démocratie naissante. Dans cette interview, le Président a préféré la simplicité au solennel, le langage de la vérité au lieu du mensonge. Il a surtout préféré heurter les mauritaniens en leur décrivant la situation économique difficile que vit le pays au lieu de les caresser dans le sens du poil en leur brossant une situation idyllique très loin de la réalité. A la Radio citoyenne, nous espérons que l’interview du Président de la République soit le début d’une nouvelle ère faite de transparence et de respect de l’autre, de liberté et d’accès aux sources de l’information pour tous les médias. Si
l’administration ne peut pas
trouver de solutions à tous les problèmes du
citoyen,
au moins doit-elle se comporter avec lui de façon
responsable,
humble et transparente comme l’a fait le Président
de la
République. Préservons
notre demeure
HORIZONS N° 4543 DU VENDREDI 10 - SAMEDI 11 - DIMANCHE 12 AOUT 2007 La Mauritanie est notre demeure, nous n’en avons pas d’autre. La demeure représente pour l’individu un abri sous lequel il s’épanouit, un gîte dans lequel il se repose, une base de laquelle il s’élance et vers laquelle il revient. C’est le point d’attache sans lequel il n’a pas de repères. C’est pourquoi il la préserve, la défend et la consolide le cas échéant. Mais quand c’est l’individu lui-même qui l’agresse et qui lui fait courir les risques, cela dénote d’une ignorance criminelle, où une intention de lever l’ancre et l’on ne sais où. Notre demeure « Mauritanie » fait face à de réels et multiples dangers environnementaux. Parmi ces dangers, on peut citer le rétrécissement du cordon dunaire qui la protège de l’avancée de l’océan, la désertification, l’érosion des sols et e changement climatique. A ces dangers, il faut maintenant ajouter un notre plus pernicieux, plus présent dans notre vie de tous les jours et d’apparence innocent : les sachets en plastique. Vous les voyez tous les jours se baladant dans les rues emportés par le vent, vous les rencontrez à chaque coin de rue jeté par les passants, le point blanc dans l’arbre sous lequel vous passez c’est encore eux et la grosse boule que votre animal domestique est entrain de dégurgiter c’est toujours eux et la seule chose que l’on offre gratuitement à Nouakchott c’est enfin les sachets de plastiques. Ils envahissent tellement notre espace qu’il arrivera un jour où, ayant demandé un avis à quelqu’un, il te le filerait volontiers dans un … sac de plastique ! Plusieurs pays ont découvert très tôt le danger de cet envahissant article et ils l’ont assez vite remplacé par du papier ou d’autre matières moins dangereuses ou carrément biodégradable. Quand est-ce que les mauritaniens vont-ils ouvrir les yeux avant qu’ils ne soient trop tard ? Une Administration au service du Peuple HORIZONS N° 4542 DU JEUDI 9 AOUT 2007 Dans les sociétés primitives, le clan, la tribu ou l’ethnie prenaient en charge l’individu et géraient, tant bien que mal, sa vie. Avec l’apparition des religions, l’accumulation des connaissances et la diversité des expériences dans le domaine de l’organisation sociale chez toutes les civilisations, ces structures traditionnelles ont vite montré leur limite pour gérer les rapports, de plus en plus complexes, entre individus ou entre sociétés. L’idée d’une entité qui s’occuperait de la gestion de l’ensemble dans une même organisation s’est vite imposée à tous. C’est la naissance de l’Etat. La base de l’Etat est l’administration et chez nous celle-ci est apparue avec le colon et a vite été assimilée comme un servile agent au service des ambitions de son maître. Puis, avec les indépendances, et pendant toutes les périodes d’exception et de privations des libertés, cette impression s’est malheureusement renforcée. Aujourd’hui, cette administration a besoin de beaucoup plus que des idées ou des slogans pour la faire évoluer. Elle a besoin d’une mise à plat de toutes ses structures et de tous ses textes fondateurs pour améliorer son image auprès du citoyen. Cette mutation devra avoir pour objectif final de gagner enfin la confiance du peuple qu’elle sert. Mais pour cela, il faut qu’elle-même en soit convaincue, ce qui est loin d’être le cas. Déportés
: Une unanimité de façade La question des déportés continue d’occuper le devant de la scène. Bien que tout le monde soit d’accord pour que chaque citoyen spolié recouvre ses droits, des fissures apparaissent dans cette belle unanimité quant aux solutions proposées par chacun. Certes, il est compréhensible que certains éprouvent des inquiétudes par rapport à la possibilité de voir des non Mauritaniens tenter de rentrer par un moyen détourné, mais légal, dans le pays. Il est aussi tout à l’honneur et du devoir de tous de s’assurer que les mécanismes mis en place pour le retour de nos compatriotes sont adéquats. Mais cette inquiétude et ce désir de bien faire ne doivent ni retarder, ni différer, encore moins empêcher ce retour. Car la Mauritanie n’a d’autres choix que de chercher à tourner cette page abjecte de son histoire. Par contre, il était possible d’éviter les malentendus si on avait pris le temps d’étudier la question en profondeur et d’expliquer à tous les leaders d’opinion, comme aux simples citoyens, les solutions retenues. On aurait par là éloigné la passion autour d’un sujet sur lequel les Mauritaniens peuvent s’unir. Et pour en arriver là, il faut laisser les responsables chargés de ce dossier travailler sereinement. Transparence
: Un pas en
avant, deux pas en arrière
HORIZONS N° 4540 DU MARDI 7 AOUT 2007 Sur proposition du Gouvernement, l’Assemblée Nationale vient d’adopter un projet de loi sur la transparence financière instituant une obligation de déclaration périodique de patrimoine pour le Président de la République, le Premier Ministre, les membres du Gouvernement, certains titulaires de mandats électifs et les fonctionnaires de l’Etat impliqués dans la gestion. L’adoption de cette loi est un pas vers la bonne direction. Les parlementaires ont apporté des amendements à ce texte de loi dont l’un excluant les députés et sénateurs de cette obligation. C’est un pas en arrière. La Commission Centrale des Marchés a habitué les mauritaniens à publier avec force détails les résultats de ses travaux. Elle fait preuve ainsi de transparence. La même commission se retient désormais de publier certains détails. C’est là une attitude pour le moins douteuse. Mais pourquoi donc la transparence n’est-elle pas adoptée définitivement comme mode de gestion des affaires publiques ? Est-ce parce que l’administration et la société opposent des résistances ? Ou bien parce que les procédés mis en place pour l’appliquer ne sont pas adaptés ? Certes, la loi votée par le parlement comporte beaucoup d’insuffisances, les mécanismes mis en place pour l’appliquer sont inappropriés et la liste des personnes concernées incomplète. Mais il reste que pour un début, elle fait franchir au pays une étape importante, ne serait-ce qu’en réintroduisant des valeurs comme l’honnêteté et la probité qui avaient désertées nos mœurs. Et c’est pourquoi les mauritaniens sont surpris, voire incrédules, que les représentants qu’ils se sont choisis aient entrepris de s’exclure de cette obligation malgré l’insistance du gouvernement. Toutes les raisons du monde ne peuvent expliquer aux yeux des mauritaniens cette attitude. Les parlementaires ont-ils oubliés qu’ils détiennent un pouvoir énorme susceptible d’intéresser plus d’un corrupteur ? Ont-ils oubliés qu’hier seulement leurs collègues des anciennes législatures étaient instrumentalisés à coup de passe-droits et de gratifications sonnantes et trébuchantes ? Il faut espérer que les représentants du peuple se ravisent et réparent ce que tout le monde considère seulement comme un simple oubli. HORIZONS N° 4530 DU MARDI
24 JUILLET 2007
Le Charlatanisme Les mauritaniens sont friands de charlatanisme. Il n’y a qu’à passer devant les domiciles des « Hajabas » pour s’en rendre compte. Cet attrait pour les charlatans va, chez plusieurs d’entre eux, jusqu’au stade de l’idolâtrie. Ni l’ignorance, ni le besoin de quitter un monde dont on attend rien ne peuvent à eux seuls expliquer cet engouement. Plusieurs sociologues et historiens ont expliqué que les civilisations ne disparaissent pas le plus souvent par les seules causes extérieures (invasions, etc.). Mais quand les mœurs se lâchent et que l’espace culturel se rétrécit elle succombe. La culture et l’instruction sont un antidote contre l’oisiveté qui est la mère de tous les vices. Les sociétés cultivées n’ont pas de temps à perdre dans des pratiques douteuses. Elles sont toutes tournées vers le travail, la création et leur grand souci est d’améliorer constamment leur futur. Dans notre société, un substrat de pratiques animistes se mélange à nos traditions et coutumes à tel point que beaucoup de citoyens ne lui reconnaissent plus son caractère originel. Malgré le travail de sensibilisation et d’éveil de nos Oulémas, la croyance en ces pratiques et au pouvoir de ceux qui s’y adonnent n’est pas prêt de disparaître. Car une puissante minorité en profite et il n’est pas de son intérêt que les populations s’éveillent. |
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