Source
: Aps
L'opposition réaffirme sa décision de boycotter les législatives
Les principaux leaders de l'opposition sénégalaise ont
réaffirmé lundi leur décision de boycotter les prochaines élections
(législatives et locales), conformément à la déclaration qu'ils ont
envoyée au Président de la République demandant l'ouverture de
négociations sur le processus électoral et qu'il a rejetée.
‘'Nous
sommes ici pour réaffirmer, devant vous, que notre décision est prise,
conformément à ce que nous avions envisagé dans notre déclaration (du
22 mars dernier), de ne pas participer aux élections'', a déclaré aux
journalistes Amath Dansokho.
Le secrétaire général du Parti de
l'Indépendance et du Travail (PIT) a estimé qu'il est ''urgent d'ouvrir
des négociations pour remettre notre système électoral sur ses jambes
qui doivent être au service de l'expression libre des citoyens''.
Douze
leaders de partis dont quatre anciens candidats à la présidentielle du
25 février dernier remportée à 55,90% par le président sortant, ont
fait une déclaration comportant une série de griefs sur le scrutin
passé et des propositions d'amélioration du système électoral.
L'opposition
‘'exige la création d'une structure indépendante chargée de
l'organisation des élections et la redéfinition concertée du calendrier
électoral républicain'', selon la déclaration lue par l'ancien ministre
Yéro Dé.
Les opposants ont exigé que ‘'des concertations
sérieuses soient engagées entre le chef de l'Etat, l'ensemble des
acteurs politiques et de la société civile pour discuter des conditions
pour aller à des élections régulières, sincères et transparentes''.
A
défaut, ont-ils prévenu, ‘'ils prennent pour témoin le peuple
qu'Abdoulaye Wade veut définitivement tourner la page de l'histoire
démocratique du Sénégal''.
"La rupture du dialogue est de la
responsabilité unique du président de la République'', selon Amath
Dansokho qui a rappelé que ‘'depuis 1988, toutes les élections ont été
précédées de consultations, d'efforts pour aller vers le consensus, et
nous avons progressé dans une grande tendance au renforcement de la
démocratie et de la transparence électorale''.
"Ca, a-t-il souligné, c'est à l'actif de la lutte qui a
été menée, mais aussi de la sagesse du
président Abdou Diouf''.
''Ce
qui nous a sauvés jusqu'ici au Sénégal, c'est cette approche
consensuelle, laquelle nous a permis d'arriver à des solutions entre
pouvoir et opposition'', a rappelé Abdoulaye Bathily.
Le leader
de la LD/PMT a rappelé quelques fruits de ce dialogue comme le code
électoral consensuel de 1992, suite au boycott des législatives de 1990
par l'opposition d'alors, ainsi que la création de l'Observatoire
national des élections (ONEL) en 1998, etc.
Les protestataires,
selon leur porte-parole, ‘'réaffirment que les élections régulières,
sincères et transparentes sont la seule voie pour conquérir le
pouvoir'' et qu'ils ‘'inscrivent leurs actions dans cette voie afin de
préserver la crédibilité et la stabilité de notre pays''.
Yéro
Dé a toutefois souligné que les partis signataires ‘'refusent de
participer à toute compétition électorale qui se déroulera dans les
mêmes conditions que le scrutin présidentiel du 25 février 2007''.
"L'objectif
politique d'une telle attitude est d'éviter d'être le complice d'une
forfaiture et de servir de faire-valoir à une compétition électorale
faussée de bout en bout'', a-t-il poursuivi.
"C'est le président
de la République qui a pris l'initiative de la rupture'', a dit Idrissa
Seck, lors de la conférence presse, tandis que Moustapha Niasse a
renchéri: ''nous refusons d'être le complice d'une récidive''.
Ousmane
Tanor Dieng a annoncé que, dès vendredi prochain, ils vont retirer
leurs cautions déposées pour les élections législatives. ''Comme ça,
les choses seront claires'', a-t-il indiqué.
SAB/AAS
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